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Challenge "Sauver la ville" - Votre opinion compte.

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En Afrique comme partout ailleurs dans le monde les hommes et les femmes aspirent à une vie meilleure. Pourtant, les raisons de croire en des lendemains qui chantent se réduisent comme peau de chagrin.   Le but de ce challenge est de vous inviter à répondre à la question : «Peut-on changer la société ?» Oui, peut-on changer la société pour le bénéfice de tous et de chacun ?   COMMENT PARTICIPER ?   Il suffit de filmer votre réponse avec votre smartphone et de poster votre vidéo dans les réseaux sociaux (YouTube, Instagram, TikTok, Facebook) accompagnée du hashtag #sauverlaville   Celles et ceux qui le souhaitent peuvent m’envoyer leur vidéo sur timba.bema@gmail.com . Elle sera montée par un professionnel et diffusée sur toutes mes plateformes.   DURÉE DU CHALLENGE   Le challenge commence le 27 octobre 2021 pour une durée illimitée.   RÉCOMPENSE   L’auteur.e de la vidéo la plus vue sur toutes les p...

Peut-on sauver la ville de sa destruction programmée?

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Le poème de ma ville, Douala, entrera bientôt dans la fameuse bibliothèque de Babel où en fait il se trouvait déjà dans une infinité de versions et de langues.   En attendant de le lire en français et en duala dès ce 13 novembre 2021, voici un extrait du premier de jet. Avec le temps, c’est devenu une odyssée de 154 pages.   —————   Nkongmondo est le quartier de la révolte C’est aussi le territoire d’un premier amour   On y allait en ce temps-là voir Pivoine Ah, charmes d’une beauté aperçue dans la rue, au hasard d’une promenade d’été   Low e Ainsi que les ancêtres ont nommé cette saison Est le règne de la chaleur humide et du sable blond   Alors, les corps se rangent sur les trottoirs, guettant ce courant d’air qui dissipera momentanément la fine pellicule de sueur sur leur peau D’autres se lancent au hasard des rues, bruyantes et ouvertes aux mille possibilités de la nuit grise et rose, couleur de l’été, couleur de ...

Pour qui sont les morts qu'on pleure tout bas ?

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  Pour qui sont ces morts Qui sont ces morts Ces morts Qu’on pleure tout bas ?   En 1916, la France et l’Angleterre se partagent la colonie allemande du Kamerun . Le territoire placé sous la tutelle de la France accède à l’indépendance en 1960 sous le nom de République du Cameroun. Quant au Southern Cameroons , le territoire placé sous la tutelle de l’Angleterre, il accède à l’indépendance en 1961 par son rattachement à la République du Cameroun. Les deux états forment alors une fédération qui est dissoute en deux actes : en 1972 par voie référendaire et en 1984 par décret présidentiel. En 2017, des enseignants, des avocats et la société civile de l’ancien Southern Cameroons dénoncent son démantèlement. La réaction de Yaoundé est radicale : Paul Biya les qualifie de « terroristes sécessionnistes » et leur déclare la guerre. Au début du conflit, on compte les morts, on recueille leurs noms, on dresse une liste, pour se persuader qu’ils ne sont pas tombés ...

Petit Pays ou l’impossible transgression

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L’irruption de Mancho Bibixy dans l’espace public comme l’homme de la Coffin revolution interroge forcément sur la place que le cercueil occupe dans l’imaginaire collectif, et surtout les usages qui en ont été faits, en dehors de rituels mortuaires et de résurrection, de temps en temps mis en scène par les pasteurs des églises dites éveillées. Le seul autre exemple que j’ai trouvé dans la partie francophone est Petit Pays. Il est aujourd’hui entré dans les annales de la musique et son parcours est très intéressant à étudier, puisqu’il symbolise une réussite 100 % camerounaise, en ce sens qu’elle ne doit rien à l’industrie ou aux institutions musicales occidentales. Dans les années 60 à 90, pour des raisons techniques et surtout d’opportunités, les musiciens devaient s’exiler, principalement en France, en raison de la langue en partage et de l’histoire imbriquée des deux états. Petit Pays immigra clandestinement en France. Il enregistra deux albums qui connurent un grand succès. Il...

Requiem pour Fadimatou et Ousmane

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  I —        Tu te demandes en boucle : quel est donc ce pays où on tue femmes et enfants comme du gibier ?   La voix, tu entendais encore et toujours la voix. Pour la noyer tu as avais mis ton casque et poussé à fond le volume. Pourtant, tu entendais toujours la voix.    Elle marchait, son garçon sur son dos. Il ne devait pas avoir un an, mais son visage était celui d’un adulte qui avait déjà compris toute la tragédie de ce monde. Son monde. Elle marchait, d’un pas mal assuré, elle n’était plus là, sur ce chemin sablonneux qui la conduisait au pied de la montagne, parce qu’elle avait compris, les heures étaient pleines et rondes.    L’autre femme marchait à ses côtés, elle tenait sa fille par la main. Pour elle, pour Fadimatou, qu’elle appelait Fadi, que tout monde appelait ainsi, Fadi, Fadi-Fa, elle marchait, aussi. Mais, en vérité, sa culotte était mouillée et son urine ruisselait sur sa jambe pour former une traine que les pas d...

Vers un boom de la littérature africaine en France ?

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Dans un article paru en septembre 2020 dans Literary Hub, Alvaro Santana-Acuña explique comment les éditeurs espagnols, pour élargir leur marché naturel à bout de souffle, suscitèrent le boom de la littérature sud-américaine dans les années 60. La mesure de ce succès est le nombre de tirages, mais aussi de prix espagnols remportés par les écrivains sud-américains, ainsi que le prix Nobel de littérature, l’étalon international. On en compte six à ce jour : Gabriela Mistral (1945), Miguel Angel Asturias (1967), Pablo Neruda (1971), Gabriel Garcia Marquez (1982), Octavio Paz (1990) et Mario Varga Llosa (2010). Des écrivains connus et lus à travers le monde et dont certains le seront encore dans 100 ans. Pour en arriver au prix Nobel de littérature, des ingrédients ont contribué à la montée en puissance de la littérature sud-américaine. On peut notamment citer : la starisation des écrivains, la marchandisation de la littérature (dans le sens de sa démocratisation ou popularisation), le for...

Deux cœurs dans la poitrine

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  « Allah n’a pas placé deux cœurs à l’intérieur de l’homme. »   Coran, sourate 33 On entend souvent dire : « Si on t’explique le Cameroun et tu dis que tu as compris, c’est qu’on ne t’a pas bien expliqué. » Le Camerounais serait donc incompréhensible, y compris pour lui-même. Se placerait-il devant un miroir qu’il ne verrait qu’un épais nuage de fumée grise, où en vain il scruterait les traits d’un visage humain, l’expression de sentiments, d’émotions et pourquoi pas des signes qui le rattacheraient à telle ou telle aire de culture. Cette assertion signale aussi que le Camerounais échappe à tout regard extérieur, attentif, vigilant, incisif. Cette phrase annonce au curieux, à celui qui est avide de connaissance : « Passe ta route, le Camerounais est et demeurera un mystère. » Et si ce dernier insiste, on lui assènera alors : « Le Cameroun c’est le Cameroun. » Phrase sanction. Comme un couperet. Parole d’évangile qui ne se discute pas comme le goût de la bière ou la couleur du...

Le retour de la poésie: interview

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1 — Bonjour Timba Bema. Nous sommes heureux de vous recevoir sur Biscottes littéraires. Écrivain, musicien, vous êtes un artiste polyvalent et multitalent. Les lecteurs sont sans doute curieux d’en savoir plus sur l’homme.  Bonjour. Je vous remercie de cet entretien. Il est toujours difficile de se définir, c’est-à-dire de tracer une frontière entre soi et les autres, de délimiter un espace où on serait soi et pas l’autre. Je pense que cette tendance est liée à la propriété. Il se trouve que dans certaines civilisations, l’individu ne peut se saisir que par rapport à ses possessions. Il est parce qu’il possède, il est par ce qu’il possède, il est réductible à ses possessions. C’est donc en considérant la propriété que l’on parle de soi avec certitude, sans réserve, sans crainte finalement de passer à côté du sujet, c’est-à-dire de soi-même. Je ne vais donc pas me lancer dans cet exercice. Toutefois, je vais vous raconter un souvenir qui, je crois, a construit l’homme que je suis de...

Lettre à Annie

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Chère Annie, Je te dis chère parce que ton destin m’a ému, je l’ai partagé, je me suis senti proche de toi, ma chair a tressailli lorsque dans mon newsfeed j’ai lu, j’ai lu, j’ai lu quoi d’ailleurs ? Ces mots d’une froideur, d’une sévérité, d’une distance, qui annonçaient déjà les jugements qui seraient portés sur toi, contre toi, Annie. On voit le monde avec les yeux que l’on a et on l’interprète avec la raison que l’on a. Les yeux comme la raison ne peuvent être dissociés d’un contexte, d’une éducation. On peut même dire qu’ils sont les produits d’une société, une société qui t’a accablée de prime abord, sans se donner la peine de se pencher sur ton destin, de connaître tes désirs, tes aspirations et encore moins tes motivations. On t’a donc jugée et on t’a condamnée. Pourtant, dans cette affaire, s’il y a une victime, c’est bien toi. Je me suis demandé comment un pays peut-il avoir si peu de compassion pour la victime et se mettre résolument derrière, à côté du bourreau, justifier, ...

Présentation de Flashs par mon éditeur

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  La poésie peut être certes embellie de maintes façons, par la métrique, la rime, les figures de style plus ou moins savantes… Des traités ont été rédigés à ce sujet, et étant moi-même un amoureux de la poésie classique, je suis loin de cracher sur la beauté des œuvres rédigées en respectant toutes ces règles forgées par des générations de poètes.   Mais, quand on enlève tout cela, que reste-t-il ? Le résultat est-il moins poétique ? Bien au contraire, c’est l’essence même du poème qui surgit, brute et immaculée…   C’est comme en cuisine, on peut adorer une recette sophistiquée, avec de multiples ingrédients chers, utilisant un savoir-faire compliqué pour les mettre en valeur en un feu d’artifice de saveurs et de textures… Mais, pour certains, rien ne vaut la pureté d’un sashimi, un simple morceau de poisson cru d’une fraîcheur exquise, dont la saveur explose en bouche sans que l’attention soit distraite par les multiples ingrédients qu’on y rajoute.   C’e...