Depuis 2016, 6 hommes noirs sont morts à la suite de l’action de la police vaudoise. Il s’agit de Hervé Mandundu (2016), Lamin Fatty (2017), Mike Ben Peter (2018), Roger « Nzoy » Wilhelm (2021), Michael Kenechukwu Ekemezie (2025) et Marvin Shalom Manzila (2025). Dans la quasi-totalité de ces drames ont été évoquées des drogues telles que l’ecstasy, le cannabis, la cocaïne. Des victimes ont été présentées comme des dealers présumés. De façon certaine, leur mort peut être attribuée à la politique vaudoise de lutte contre le deal de rue lancée par l’ancien syndic de Lausanne Daniel Brélaz en 2012 et renforcée en 2013 par le Conseil d’État . Autant il est compréhensible que Vaud agisse contre la circulation de substances psychoactives, autant il est incompréhensible que le canton batte tous les records en matière de mortalité des noirs dans sa lutte contre le deal de rue. Qu’est-ce qui explique cette exception vaudoise ? Commençons par interroger la formation des policiers. La f...
Par où commencer ? Par où ? Pourtant, il faut bien commencer quelque part. Il s’agit d’un fait divers. Mais d’un fait qui n’est pas du tout banal. Car il révèle les convictions profondes et montre comment le passage à l’acte est possible. Pour l’observateur extérieur, le passage à l’acte est toujours incompréhensible, il semble une montagne infranchissable, une épreuve insurmontable. On aura tendance à invoquer la folie. La folie, un allié bien commode pour refuser d’admettre la volonté dans la manifestation de l’horreur. On voudrait se protéger de cette vérité-là, qui ne s’offre pas immédiatement au regard, comme celle du jour éclatant de lumière, mais se découvre, cachée dans un fourré. La main écarte les branches et soudain l’œil l’aperçoit. L’esprit a alors quelques secondes pour se décider : il l’accepte ou il la refuse. S’il l’accepte, il la sort du fourré, s’il la rejette, il laisse les branches se refermer autour elle. Les passions sont également convoquées. On parlera même par...
à T.M La nouvelle était tombée des ondes. Un soir comme les autres, à ressasser des temps méconnus de la plupart des vivants. Mais après l’avoir entendue, n’y croyant pas d’abord et s’y faisant peu à peu, s’en accommodant comme des secousses d’un séisme dont la fulgurance s’éclaircie lentement à l’âpreté des sens, le père avait brandi son fils de cinq ans au ciel, comme si ce fut lui l’objet de cette joie viscérale qui transportait son cœur de vieillard dépassé par les ans, pour qui toute joie, aussi infime fusse t-elle, était occasion de célébrer la victoire mille fois renouvelée de la vie sur la mort. Les lumières du soir dansaient déjà à sa fenêtre, la douceur exceptionnelle de la journée s’apprêtait à déposer les armes, vaincue et amère, aux pieds des froides déesses de la nuit, et la casserole mitonnait le seul et unique repas de la journée, qu’il s’apprêtait à honorer avec en idée que cela était sa consolation, la consolation de l’homme brave et fier, malgré tout. A peine descend...
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