Douala, vingt-neuf juillet Marguerite, ma chérie Que ma nuit fut courte, mais agréable. Je me suis endormi comme une masse, après avoir mis ta lettre sous pli, et c’est en marche vers la poste que soudain, croisant à un carrefour un couple en train d’échanger des au revoir, il m’a semblé avoir oublier de t’écrire combien je t’aime. Aussi, je vais me rattraper neuf fois de suite dans celle-ci : JE T’AIME JE T’AIME JE T’AIME JE T’AIME JE T’AIME JE T’AIME JE T’AIME JE T’AIME JE T’AIME. Ravie ? Com- blée ? Non ! Soulagée ? Oui ! C’est bien ! Où en étais-je ? Le réveil, Bien ! A la sonnerie de l’horloge de chevet, je me levai d’un bond : je ne voulais pas manquer l’aurore. En fait, c’est l’une des rares choses qui soient encore nettes dans ma mémoire. Pour tout te dire, je n’ai pas été déçu : le spectacle concordait point par point avec celui que j’avais en tête, de sorte que par moments il me semblait suggérer aux nuages et aux teintes du ciel leur mouvement ainsi que leurs couleurs. ...
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